
ESG · RSE · Reporting extra-financier
Mesurer l'impact ESGPasser du déclaratif au mesuré
sur toute la chaîne de valeur
Un guide méthodologique pour les responsables ESG, RSE et développement durable. Comment quantifier les impacts économique, social, fiscal et carbone de votre entreprise : les effets directs de son activité, les effets indirects de ses achats et les effets induits par la consommation des ménages, à partir de données officielles et auditables.
Sommaire
- 01Préambule
- 02Partie 1 - L'achat, angle mort du reporting ESG
- 03Partie 2 - Quatre impacts, trois cercles d'effets
- 04Partie 3 - La donnée réelle avant la moyenne sectorielle
- 05Partie 4 - Le carbone achats : une affaire de facteurs
- 06Partie 5 - Auditabilité, garde-fous et limites assumées
- 07Partie 6 - Comment Sentinel outille la démarche
- 08Conclusion
- 09Annexes
Préambule
À qui s'adresse ce document
La majorité de l'empreinte d'une organisation ne se trouve pas dans ses murs. Elle se trouve chez ses fournisseurs : dans les emplois que la dépense soutient, dans les impôts qu'elle génère, dans le carbone qu'elle mobilise en amont. Or c'est précisément cette partie de l'empreinte que la plupart des dispositifs de reporting traitent le plus mal : par questionnaires déclaratifs, par moyennes sectorielles, par extrapolations invérifiables.
Ce livre blanc s'adresse aux responsables ESG, RSE et développement durable, ainsi qu'aux directions financières et achats impliquées dans le reporting extra-financier. Il présente une méthode de quantification de l'impact complet d'une organisation, en trois cercles : ce que son activité produit directement (activité, emplois, fiscalité supportée), ce que ses achats soutiennent indirectement chez ses fournisseurs, et ce que les salaires versés induisent via la consommation des ménages. C'est la méthode Economy as a Code (EaaC), fondée sur des registres officiels et des comptes publiés, mise en œuvre dans la plateforme Sentinel.
L'objectif est double : vous donner une grille de lecture pour évaluer la robustesse de n'importe quelle mesure d'impact qu'on vous présente, et vous montrer ce qu'il est réellement possible de mesurer aujourd'hui à partir de données publiques, sans solliciter vos fournisseurs.
L'achat, angle mort du reporting ESG
Les directions ESG ont appris à mesurer ce qui se passe dans leur périmètre. La pression se déplace désormais vers ce qui se passe en dehors : la chaîne de valeur amont.
Une mesure d'impact complète additionne trois cercles : l'effet direct (votre propre activité), l'effet indirect (votre chaîne fournisseurs) et l'effet induit (la consommation des ménages soutenue par les salaires). Le premier cercle est aujourd'hui le mieux couvert : vos effectifs, votre fiscalité et vos émissions propres figurent déjà dans vos comptes, votre bilan social et votre bilan d'émissions de gaz à effet de serre (bilan GES). Ce sont les deux autres cercles, souvent plus volumineux, qui manquent aux publications actuelles. C'est pourquoi ce document leur consacre l'essentiel de ses pages, en commençant par le maillon faible : l'achat.
1.1 La pression ne vient plus seulement du régulateur
La CSRD et les normes ESRS ont installé un principe durable : l'entreprise rend compte de ses impacts sur toute sa chaîne de valeur, pas seulement sur son périmètre juridique. Les allègements successifs du calendrier et des seuils n'ont pas inversé ce mouvement, ils l'ont étalé dans le temps. Et pendant que le calendrier réglementaire se négocie, trois autres canaux maintiennent la pression :
- Les clients grands comptes, qui répercutent leurs propres obligations de chaîne de valeur sur leurs fournisseurs via questionnaires et clauses contractuelles ;
- Les financeurs, banques et fonds, dont les grilles d'analyse intègrent l'empreinte amont et la qualité des données qui la documentent ;
- Les acheteurs publics, dont les appels d'offres pondèrent de plus en plus les retombées sociales et environnementales.
1.2 Ce que produisent les approches actuelles
Face à cette exigence, la pratique dominante repose sur deux outils, chacun avec un défaut structurel :
Déclaratif, coûteux à administrer, avec des taux de réponse qui s'effondrent au-delà des fournisseurs stratégiques. Sur un panel de plusieurs milliers de fournisseurs, la couverture réelle dépasse rarement quelques pourcents, et les réponses ne sont pas vérifiables.
Un facteur unique par secteur, appliqué à toute la dépense. Rapide, mais aveugle : deux fournisseurs du même code NAF peuvent avoir des intensités d'emploi ou de fiscalité qui varient du simple au quintuple. Le résultat est un chiffre plausible en apparence, indéfendable en audit dès qu'on descend au niveau d'un fournisseur.
Entre les deux, une voie existe : utiliser les données que les fournisseurs publient déjà auprès des registres officiels. En France, un SIREN donne accès au secteur, aux établissements, aux effectifs, et pour une part significative des entreprises, aux comptes annuels déposés. Cette matière permet de calculer des taux réels, propres à chaque fournisseur, sans lui envoyer le moindre questionnaire.
Quatre impacts, trois cercles d'effets
Avant de mesurer, il faut définir ce qu'on mesure. La méthode Economy as a Code décompose l'impact d'une organisation en quatre dimensions et trois cercles d'effets.
2.1 Les quatre dimensions d'impact
L'activité économique portée, en euros hors taxes : votre chiffre d'affaires, la dépense réelle injectée chez vos fournisseurs, la consommation que les salaires soutiennent.
Les emplois portés, en équivalents temps plein (ETP) : vos effectifs propres, la part de l'effectif de chaque fournisseur que votre dépense fait vivre, et les emplois soutenus par la consommation induite.
Les recettes publiques générées : les impôts et taxes que vous supportez, ceux portés par l'activité de vos fournisseurs, et la TVA sur la consommation induite.
Les émissions de gaz à effet de serre, en tonnes équivalent CO2 : vos émissions propres, celles mobilisées dans votre chaîne amont (cycle de vie complet) et celles de la consommation induite.
2.2 Les trois cercles d'effets
Chaque dimension se décline en trois cercles, du plus proche au plus diffus :
L'organisation elle-même : son chiffre d'affaires, ses effectifs, les impôts et taxes qu'elle supporte. Pour un groupe multi-pays, une entrée par filiale et par pays, validée avec les directions financières locales.
La chaîne fournisseurs : chaque euro dépensé soutient de l'activité, de l'emploi et de la fiscalité chez vos fournisseurs directs. Le volet carbone intègre en plus, par construction des facteurs utilisés, le cycle de vie amont des biens et services achetés. C'est le cercle le plus volumineux et le moins bien mesuré aujourd'hui.
La consommation des ménages : les salaires versés aux emplois directs et indirects sont en partie consommés, ce qui soutient à son tour de l'activité, de l'emploi et de la TVA. Cet effet est dérivé des effets précédents par des taux de consommation nationaux.
2.3 Ordres de grandeur : les références publiques
Pour situer n'importe quel résultat d'impact, quatre repères issus de sources publiques suffisent à cadrer la discussion :
Un résultat d'impact social très supérieur à la fourchette haute doit vous alerter autant qu'un résultat dérisoire : l'intensité d'emploi dépend du mix d'achats, pas de la générosité du prestataire. À l'échelle d'une organisation, chaque agrégat doit se décomposer fournisseur par fournisseur : le chiffre global est la somme de milliers de calculs individuels, pas une extrapolation. L'effet direct s'y ajoute à partir de vos propres données (voir partie 3) ; par convention, il est exclu pour les organisations publiques, dont le fonctionnement propre est mesuré au budget de l'État.

« Une moyenne sectorielle appliquée à tout un panel produit un chiffre, pas une mesure. »
La donnée réelle avant la moyenne sectorielle
Comment se calcule chacun des trois cercles. Le plus exigeant est l'indirect : pour chaque fournisseur, on cherche d'abord ses données réelles, et on ne retombe sur un coefficient sectoriel qu'en dernier recours, en le documentant.
3.1 L'effet indirect : la cascade de précision
Prenons l'impact social : combien d'emplois votre dépense soutient-elle chez un fournisseur donné ? La méthode teste trois niveaux, dans l'ordre :
Les effectifs déclarés du fournisseur (déclarations sociales, registres officiels) sont rapportés à la part de son chiffre d'affaires que représente votre dépense. Si vous représentez 4 % du chiffre d'affaires d'une entreprise de 500 salariés, vous soutenez de l'ordre de 20 équivalents temps plein. C'est le niveau le plus précis.
À défaut d'effectifs, les comptes annuels déposés au registre (liasses fiscales) donnent la masse salariale, les charges sociales, les impôts et taxes et l'impôt sur les sociétés du fournisseur. On en dérive des taux sociaux et fiscaux propres à cette entreprise, appliqués à votre dépense.
Si aucune donnée réelle n'existe (fournisseur étranger sans comptes accessibles, micro-entreprise dispensée de dépôt), on applique le taux du couple pays x secteur issu des tables input-output inter-pays de l'OCDE (76 pays, 45 secteurs). C'est la méthode que la plupart des prestataires appliquent à 100 % du panel ; ici elle ne sert que de filet.
3.2 Ce que la méthode s'interdit
Une mesure d'impact ne vaut que par ce qu'elle refuse de faire. Trois interdits structurent le calcul :
- Jamais de chiffre inventé. Quand une donnée manque, le calcul retombe explicitement au niveau inférieur de la cascade et le documente. Aucun proxy officieux, aucune estimation au jugé.
- Jamais de substitut biaisé. Si le chiffre d'affaires total d'un fournisseur est absent de ses comptes, on ne le remplace pas par un sous-ensemble (ventes de marchandises, chiffre d'affaires réalisé en France seul) qui fausserait les taux : on passe au niveau sectoriel.
- Jamais de source non officielle. Registres d'entreprises, comptes déposés, déclarations sociales, tables OCDE, base carbone ADEME : chaque valeur du calcul remonte à une source publique citable.
3.3 Le périmètre : le premier rang, assumé
L'effet indirect est mesuré au premier rang de la chaîne : vos fournisseurs réels, votre dépense réelle. La méthode ne propage pas la dépense vers les rangs 2 et suivants par modélisation : chaque rang supplémentaire empilerait des hypothèses sectorielles invérifiables au niveau individuel, et le résultat cesserait d'être décomposable fournisseur par fournisseur. Ce choix est conservateur : il minore l'impact total plutôt que de le gonfler avec des effets modélisés que personne ne peut auditer.
Une exception, assumée elle aussi : le carbone. Les ratios monétaires consumption-based utilisés pour l'impact carbone intègrent par construction le cycle de vie amont complet des biens et services achetés (extraction, transformation, transport). L'empreinte carbone couvre donc l'amont de vos achats sans modélisation supplémentaire, quand les impacts social et fiscal restent volontairement au premier rang (voir partie 4).
Pour les groupes multi-pays, le même principe s'applique par entité : chaque filiale apporte ses données locales validées, et ses fournisseurs sont rattachés aux registres de leur pays.
3.4 Boucler la mesure : l'effet direct et l'effet induit
L'effet direct ne se modélise pas : il se collecte. Ce sont vos propres données, entité par entité et pays par pays : chiffre d'affaires, effectifs, impôts et taxes effectivement supportés, chacune validée avec la direction financière concernée. Une règle évite le double comptage : les taxes assises sur les salaires sont exclues de la fiscalité directe, car elles sont déjà portées par l'effet emploi. Pour un groupe multi-pays, chaque entrée garde la trace de sa source et de sa base comptable, telle que validée par l'interlocuteur local.
L'effet induit se dérive des deux premiers cercles. Les emplois directs et indirects versent des salaires, dont une part connue est consommée (en France, environ 55 % du revenu part en consommation des ménages, source comptes nationaux). Cette consommation soutient à son tour de l'activité, de l'emploi, de la TVA (au taux effectif observé sur la consommation des ménages, environ 11,5 %) et des émissions. Aucune donnée nouvelle n'est requise : l'induit est un calcul dérivé, avec des taux nationaux publiés, jamais un forfait.
Le carbone achats : une affaire de facteurs
Sur le carbone, le choix du référentiel de facteurs d'émission change le résultat d'un ordre de grandeur. Ce choix doit être explicite, justifié et réversible.
4.1 Production-based ou consumption-based ?
Sur l'effet direct, la question est en général réglée : vos scopes 1 et 2 sortent de votre bilan GES. C'est sur l'amont, le carbone mobilisé par vos achats, que le choix méthodologique devient déterminant. Deux familles de facteurs coexistent pour convertir une dépense en tonnes de CO2 équivalent :
- Les facteurs production-based (tables OCDE) mesurent les émissions émises par le secteur du fournisseur lui-même. Ils sous-estiment massivement les services : un prestataire de bureau émet peu en propre, mais consomme du matériel, des datacenters, des déplacements.
- Les facteurs consumption-based (ratios monétaires de la Base Empreinte ADEME) intègrent le cycle de vie complet : extraction des matières, transformation, transport, fin de vie. C'est ce que votre dépense mobilise réellement dans la chaîne.
Pour une empreinte achats, la lecture consumption-based est la plus fidèle : elle correspond à la logique de la catégorie 1 du scope 3 (biens et services achetés, amont complet). La méthode retient donc les ratios monétaires ADEME par défaut, en conservant la possibilité de calculer la variante OCDE pour comparaison : le choix de référentiel est un paramètre du calcul, pas une boîte noire.
4.2 Les limites du monétaire, dites franchement
Les ratios monétaires restent des moyennes par catégorie d'achat : ils ne distinguent pas un fournisseur décarboné d'un concurrent carboné dans le même secteur. Ils sont l'outil adapté pour couvrir la totalité du panel et hiérarchiser les postes, pas pour piloter la décarbonation d'un fournisseur individuel : ce second travail relève des données physiques et des bilans GES des fournisseurs concernés, sur le sous-ensemble que la hiérarchisation aura identifié. Une bonne mesure d'impact vous dit où concentrer cet effort.
Auditabilité, garde-fous et limites assumées
Un chiffre d'impact finit toujours par être challengé : par un auditeur, un journaliste, un administrateur. La méthode doit survivre à ce moment-là.
5.1 Les garde-fous anti-aberration
Travailler en données réelles expose à des cas limites que les moyennes sectorielles masquent. La méthode intègre des garde-fous systématiques, chacun né d'un cas réel rencontré en production :
| Garde-fou | Ce qu'il évite |
|---|---|
| Plafonnement à la taille économique du fournisseur | Imputer plus d'emplois que le fournisseur n'en compte quand la dépense excède son chiffre d'affaires (cas typique : structures subventionnées au chiffre d'affaires marchand très faible). |
| Détection des structures non marchandes | Appliquer un raisonnement fondé sur le chiffre d'affaires à une université, une association ou un établissement public dont le financement est budgétaire : ces entités basculent d'office sur les taux sectoriels. |
| Neutralisation des centrales d'achat | Compter deux fois les mêmes effets : une centrale est un canal d'intermédiation, les impacts sont mesurés chez ses fournisseurs réels quand le détail est disponible. |
| Exclusion des avoirs | Comptabiliser des impacts négatifs sur des notes de crédit : un fournisseur à dépense nette négative sort du calcul. |
| Plancher à zéro sur la fiscalité | Produire de l'impôt négatif via des secteurs subventionnés ou des crédits d'impôt : un fournisseur ne génère pas de fiscalité négative dans la chaîne. |
5.2 Se situer par rapport aux références du marché
Sur l'intensité d'emploi, les études d'empreinte socio-économique publiées en France affichent typiquement 18 à 20 ETP soutenus par million d'euros sur des mix intensifs en main-d'œuvre (BTP, ingénierie), quand le ratio macroéconomique national (emploi total rapporté au PIB) se situe autour de 10,7 ETP par million d'euros. Les résultats produits par la méthode EaaC sur des mix tertiaires et industriels se situent en dessous de ces références : c'est un positionnement volontairement conservateur.
La raison est simple : un chiffre d'impact sert à être opposé. Un multiplicateur flatteur qui s'effondre au premier contre-examen coûte plus cher que le chiffre prudent qu'on peut défendre ligne à ligne.
5.3 Ce que la mesure ne dit pas
La transparence vaut aussi pour les limites. Une mesure d'impact de chaîne de valeur ne remplace ni un bilan GES réglementaire complet (elle en documente la partie amont), ni un audit social de terrain chez un fournisseur à risque, ni une analyse de double matérialité. Elle fournit la couche quantitative qui manque à ces exercices : une couverture exhaustive du panel, hiérarchisée, qui indique où les approfondissements qualitatifs sont justifiés.

« Un chiffre d'impact sert à être opposé. Il doit survivre au contre-examen. »
Comment Sentinel outille la démarche
Sentinel, plateforme souveraine de The Sov Company, implémente la méthode Economy as a Code de bout en bout et sur les trois cercles : de la collecte de vos données propres et l'import des achats jusqu'à la restitution auditée, sans questionnaire fournisseur.
Le calcul décrit dans ce document exige de croiser, pour chaque fournisseur, des registres d'entreprises, des comptes annuels, des tables internationales et des référentiels carbone. À l'échelle de milliers de fournisseurs, ce croisement ne se fait pas dans un tableur. Sentinel l'industrialise :
| Étape | Ce que fait la plateforme |
|---|---|
| Données de l'entreprise (effet direct) | Chiffre d'affaires, effectifs et fiscalité supportée, entité par entité et pays par pays, saisis avec leur source et validés avec les directions financières concernées. |
| Import des achats | Fichiers comptables (export ERP, FEC, extractions achats), en une ou plusieurs devises, avec dédoublonnage des fournisseurs et contrôles de cohérence à l'entrée. |
| Identification | Rattachement de chaque fournisseur à son identifiant de registre (SIREN en France, registres nationaux à l'étranger), avec validation formelle des identifiants. |
| Enrichissement | Secteur, établissements, effectifs, comptes annuels déposés : les données officielles sont chargées depuis des copies locales des registres, maintenues à jour sur nos serveurs. |
| Calcul EaaC | Cascade de précision, quatre impacts, trois cercles d'effets, garde-fous anti-aberration. Chaque résultat conserve la trace du niveau de donnée utilisé. |
| Ventilation | Résultats par pays, région et département, localisés sur les établissements réels des fournisseurs pondérés par leurs effectifs, pas sur les sièges sociaux. |
| Restitution | Tableaux de bord multi-années, fiches fournisseur détaillées, exports pour vos rapports (CSRD, bilan GES amont, rapport d'impact), avec la note méthodologique associée. |
6.1 Souveraineté des données
Vos données d'achat décrivent votre structure de coûts et vos dépendances : elles sont sensibles par nature. Sentinel est construit pour qu'elles ne circulent pas :
- Hébergement en France métropolitaine ;
- Enrichissement sur copies locales des registres (SIRENE, comptes annuels, tables OCDE, base carbone ADEME) : la consultation d'un fournisseur ne déclenche pas d'appel à des API tierces ;
- Aucune extraction de vos données vers des juridictions extra-européennes ;
- Pour les clients qui l'exigent, un fonctionnement où les données d'achat ne quittent jamais le serveur dédié.
6.2 Comment démarrer
La démarche type commence par un exercice sur une année d'achats :
- Cadrage (30 minutes) : périmètre, format de vos données d'achat, questions de reporting auxquelles vous devez répondre ;
- Analyse initiale : import, enrichissement et calcul sur l'exercice de référence, restitution commentée avec la note méthodologique ;
- Suivi continu : mise à jour annuelle ou infra-annuelle, avec comparabilité d'un exercice à l'autre à méthode constante.
Échange de cadrage gratuit
30 minutes en visio avec Tristan Méneret, fondateur de The Sov Company et auteur de la méthodologie, pour évaluer ce que vos données d'achat permettent déjà de mesurer.
Conclusion
La crédibilité ESG se joue sur la donnée
Le reporting extra-financier entre dans sa phase de maturité : après les années d'engagements et de trajectoires, viennent les années de vérification. Les directions ESG qui tiendront ce cap sont celles dont les chiffres se décomposent, se sourcent et se recalculent.
Cette exigence est atteignable dès aujourd'hui, sur les trois cercles. L'effet direct sort de vos comptes validés. L'effet indirect se mesure fournisseur par fournisseur dans les registres publics, sans questionnaire et sans extrapolation globale. L'effet induit s'en dérive avec des taux nationaux publiés. Ce qui manquait, c'était l'outillage pour croiser ces sources à l'échelle. C'est ce que nous avons construit.
Trois convictions pour finir :
- La donnée réelle prime. Une moyenne sectorielle appliquée à tout un panel produit un chiffre, pas une mesure. La différence se voit en audit.
- Le conservatisme est un actif. Un impact prudent et défendable vaut plus qu'un impact flatteur et fragile.
- L'impact et la maîtrise des tiers convergent. Le même référentiel fournisseurs sert la conformité, le risque et l'ESG. Les traiter séparément, c'est payer trois fois la même donnée.
Annexes
A.1 Glossaire
- EaaC - Economy as a Code
- Méthodologie de mesure d'impact économique, social, fiscal et carbone, formalisée par Tristan Méneret (ISBN 9798340888723).
- IE / IS / IF / IC
- Les quatre dimensions d'impact : économique (euros), social (ETP), fiscal (euros de recettes publiques), carbone (tCO2e).
- Effet direct / indirect / induit
- Les trois cercles d'effets : l'organisation elle-même, sa chaîne fournisseurs, puis la consommation des ménages issue des salaires soutenus.
- ETP
- Équivalent temps plein. Unité de mesure de l'impact social : un ETP soutenu correspond à un poste de travail à temps plein pendant un an.
- Tables ICIO (OCDE)
- Inter-Country Input-Output tables : matrices d'échanges inter-pays et inter-secteurs publiées par l'OCDE (76 pays, 45 secteurs). Servent de source de taux sectoriels par pays en dernier recours et de référentiel pour la ventilation internationale.
- Ratios monétaires ADEME
- Facteurs d'émission en tCO2e par million d'euros dépensé, publiés dans la Base Empreinte de l'ADEME, en approche consumption-based (cycle de vie complet).
- Scope 3, catégorie 1
- Dans les référentiels de comptabilité carbone, les émissions amont liées aux biens et services achetés. Premier poste d'émissions de la plupart des organisations tertiaires.
- Liasse fiscale
- Comptes annuels déposés par une entreprise auprès de l'administration : source des taux sociaux et fiscaux réels par fournisseur (masse salariale, charges, impôts et taxes, impôt sur les sociétés, rapportés au chiffre d'affaires).
A.2 Sources de données du calcul
- • Registres d'entreprises : SIRENE (INSEE) pour la France, registres nationaux équivalents pour les fournisseurs étrangers ;
- • Comptes annuels déposés : registre national des entreprises (INPI) pour les liasses fiscales françaises ;
- • Effectifs : déclarations sociales agrégées accessibles via les dispositifs publics ;
- • OCDE : tables Inter-Country Input-Output, taux sociaux et fiscaux sectoriels par pays ;
- • ADEME : Base Empreinte, ratios monétaires (facteurs consumption-based par catégorie d'achat) ;
- • INSEE : comptes nationaux (référence macroéconomique emploi / PIB), catégories juridiques pour la détection des structures non marchandes.
A.3 Pour aller plus loin
- • Economy as a Code, Tristan Méneret (ISBN 9798340888723) : le texte de référence de la méthodologie ;
- • base-empreinte.ademe.fr : la Base Empreinte de l'ADEME ;
- • Tables ICIO de l'OCDE : documentation des matrices input-output inter-pays ;
- • Normes ESRS (EFRAG) et référentiels GHG Protocol / Bilan Carbone pour les correspondances de reporting.
Avertissement. Ce livre blanc présente une méthodologie de mesure d'impact et des ordres de grandeur issus de sources publiques (INSEE, OCDE, ADEME, études publiées). Il ne constitue ni un avis juridique, ni une garantie de conformité à un référentiel de reporting donné. The Sov Company ne saurait être tenue pour responsable d'une décision prise sur la base seule de ce document.
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